Découvrir Fontenelle : le village qui s’effaça pendant douze ans
Dernière mise à jour : 7 sept.
Sépulture de l’Âge du Fer, village abandonné, quatre ruisseaux, moulin disparu, brasserie oubliée et guinguette…
Notre voyage à travers les villages de l’entité de Walcourt continue.
Après les terres millénaires de Clermont, le petit château disparu de Castillon et la frontière invisible de Mertenne, prenons aujourd’hui la direction d’un autre village de notre région.
Un village posé sur un plateau doucement ondulé.
Quelques maisons entourées de champs.
Une église de pierre veillant sur moins de deux cents habitants.
Quatre petits ruisseaux parcourant discrètement son territoire.
Une sépulture vieille de plus de deux mille ans.
Le souvenir d’un moulin, d’une brasserie, d’une tuilerie et d’une forge.
Et surtout…
douze années durant lesquelles le village aurait été presque entièrement abandonné.
Bienvenue à…
❤️ Fontenelle.
Un village paisible aujourd’hui, mais dont l’histoire de Fontenelle soulève une question étonnante derrière ses chemins de campagne :
Comment un village entier a-t-il pu se vider de ses habitants pendant douze ans… puis renaître ?
🌿 Fontenelle : un nom qui semble parler d’eau
Fontenelle, village de la commune de Walcourt, est situé à l’ouest de Walcourt, sur un plateau faiblement ondulé d’environ quatre kilomètres carrés.
Son nom évoque naturellement les fontaines, les sources et les petits écoulements d’eau.
Cette origine paraît séduisante.
D’autant plus que quatre cours d’eau parcourent le territoire :
le Ry de Coupiat ;
le Ry Poucet ;
le ruisseau des Longs Prés ;
le ruisseau de Coumagne.
Il faut néanmoins rester prudent.
Les sources historiques consultées ne permettent pas d’affirmer avec certitude que le village doit son nom à ces petites fontaines.
Mais l’image est belle.
Et elle ressemble étrangement à Fontenelle.
Un village discret.
Entouré d’eau.
Traversé par des ruisseaux qui ne font presque aucun bruit, mais qui semblent conserver la mémoire de tout ce qui s’est passé ici.
🏺 Une tombe vieille de plus de deux mille ans
Pour retrouver les premières traces connues d’une présence humaine à Fontenelle, il faut remonter bien avant le Moyen Âge.
Bien avant les églises.
Bien avant les seigneurs.
Bien avant que le village porte son nom actuel.
En 1888, une sépulture à incinération fut découverte à environ huit cents mètres au nord-est du village, au lieu-dit Vivret.
Elle daterait de la période de La Tène ancienne, entre environ 450 et 250 avant notre ère, faisant de cette découverte l’un des plus anciens témoignages du patrimoine de Fontenelle.
Nous sommes alors en plein Âge du Fer.
Dans cette tombe furent notamment retrouvés des récipients en céramique qui accompagnaient les restes du défunt.
Un grand vase.
Une coupe sur pied.
Quelques objets sauvés de la terre après plus de deux mille ans de silence.
Cette découverte ne suffit pas à prouver qu’un village permanent existait déjà à cet endroit.
Mais elle nous apprend quelque chose d’essentiel :
bien avant la première mention écrite de Fontenelle, des hommes connaissaient déjà ce plateau.
Ils y vivaient peut-être.
Ils le traversaient certainement.
Ils y accompagnaient leurs morts.
Qui était la personne déposée au Vivret ?
Vivait-elle avec sa famille à proximité ?
D’autres sépultures reposent-elles encore sous les champs ?
Nous l’ignorons.
Il reste seulement une tombe…
quelques poteries…
et la preuve que l’histoire de Fontenelle commence beaucoup plus tôt que nous pourrions l’imaginer.
📜 1064 : une silhouette apparaît dans l’histoire
Les siècles passent.
La sépulture du Vivret disparaît sous la terre.
Puis, en 1064, un nom surgit dans les documents :
Théodoric de Fontenelle.
Cet homme aurait été cité comme témoin du prince-évêque de Liège.
Nous ne connaissons presque rien de lui.
Était-il seigneur du lieu ?
Possédait-il des terres ?
Habitait-il une maison fortifiée ?
Parcourait-il déjà les chemins qui reliaient Fontenelle aux villages voisins ?
Les documents ne nous permettent pas de répondre clairement à ces questions.
Théodoric demeure une silhouette.
Un homme dont le nom a traversé près de mille ans, alors que son visage, sa demeure et son histoire personnelle ont disparu.
Mais grâce à lui, Fontenelle sort pour la première fois de l’ombre.
⛪ Une terre partagée entre les abbayes
Au cours du XIIIᵉ siècle, différentes propriétés de Fontenelle furent accordées à l’Abbaye de Floreffe et à l’église d’Oignies.
À la fin du XVe siècle, l’Abbaye de Floreffe céda une partie de ses possessions à l’Abbaye de Soleilmont.
Derrière le calme apparent des campagnes se trouvait alors un véritable réseau de terres et de droits.
Les abbayes possédaient des champs.
Elles percevaient des revenus.
Elles participaient à l’organisation économique et religieuse du territoire.
La paroisse de Fontenelle est d’ailleurs mentionnée dès 1497 dans un document du diocèse de Liège.
Comme à Castillon, l’histoire du village de Fontenelle fut donc profondément liée aux institutions religieuses.
Les habitants cultivaient la terre.
Les récoltes nourrissaient les familles.
Mais une partie de ce que produisait le sol appartenait également à des communautés installées parfois bien loin du village.
⚔️ Entre Namur et Liège
Fontenelle appartenait principalement au territoire namurois.
Mais sa position l’exposa aux rivalités entre les grandes puissances voisines.
Au XIVᵉ siècle, le prince-évêque de Liège s’empara du village au cours du conflit appelé la guerre des Dix-Sept Villes.
Fontenelle fut finalement restitué à Philippe le Bon en 1421.
Une nouvelle fois, nos paysages actuels cachent d’anciennes frontières.
Aujourd’hui, on traverse la campagne sans même s’en rendre compte.
Mais autrefois, quelques kilomètres pouvaient suffire pour changer d’autorité, de juridiction ou de territoire.
Fontenelle se trouvait ainsi au milieu d’un monde instable.
Un monde dans lequel les alliances changeaient.
Les armées passaient.
Les terres étaient revendiquées.
Et les habitants ordinaires subissaient souvent des décisions prises bien loin de leurs maisons.
Cette fragilité territoriale allait conduire Fontenelle vers l’épisode le plus mystérieux de son histoire.
🌫️ 1643 : lorsque Fontenelle devint silencieux
Nous voici en 1643.
L’Entre-Sambre-et-Meuse traverse une période particulièrement difficile.
Les guerres frappent les campagnes.
Les troupes circulent.
Les villages sont exposés aux pillages, aux réquisitions, à la faim et à la peur.
Et Fontenelle se vide de ses habitants.
Pendant environ douze années, le village de Fontenelle aurait été abandonné.
Douze ans.
Cela paraît presque impossible à imaginer aujourd’hui.
Que restait-il ici ?
Des maisons fermées ?
Des portes arrachées ?
Des foyers éteints ?
Des chemins envahis par les herbes ?
Des champs retournant lentement à l’état sauvage ?
Nous ne savons pas précisément où les habitants trouvèrent refuge.
Nous ignorons s’ils partirent ensemble ou progressivement.
Certaines familles rejoignirent peut-être un village voisin.
D’autres cherchèrent probablement la protection d’une ville, d’une abbaye ou de parents installés ailleurs.
Les sources consultées nous transmettent le fait…
mais très peu de détails.
Et c’est peut-être ce silence qui rend l’histoire encore plus saisissante.
Durant douze années, les voix disparurent.
Le marteau de la forge ne résonna plus.
La roue du moulin s’arrêta peut-être de tourner.
Les terres ne furent plus travaillées comme autrefois.
Les habitants étaient partis.
Mais les quatre ruisseaux, eux, continuèrent à couler.
Le Ry de Coupiat.
Le Ry Poucet.
Le ruisseau des Longs Prés.
Le ruisseau de Coumagne.
Quatre fils d’eau traversant un village devenu silencieux.
Comme si Fontenelle respirait encore doucement…
en attendant le retour des siens.
🌱 Le village qui revint à la vie
Puis, après environ douze ans d’absence, la vie reprit.
Les habitants revinrent.
Ou peut-être de nouvelles familles les rejoignirent-elles.
Les maisons furent de nouveau occupées.
Les chemins retrouvèrent des pas.
Les champs furent travaillés.
Les saisons recommencèrent à rythmer la vie du village.
Il fallut probablement réparer.
Reconstruire.
Semer.
Attendre.
Et surtout recommencer à croire qu’il était encore possible de vivre ici.
Fontenelle aurait pu disparaître définitivement.
Son nom aurait pu ne plus subsister que dans quelques documents anciens.
Il aurait pu rejoindre la longue liste des hameaux effacés par les guerres et le temps.
Mais le village de Fontenelle est revenu.
Modestement.
Patiemment.
Sans grand monument célébrant sa renaissance.
Et c’est peut-être ce qui rend son histoire si touchante.
Fontenelle ne fut pas sauvé par une armée ou par un puissant seigneur.
Il fut sauvé par ceux qui choisirent d’y vivre à nouveau.
⛪ Notre-Dame de l’Assomption : une présence au cœur du village
Au centre de Fontenelle s’élève aujourd’hui l’église Notre-Dame de l’Assomption de Fontenelle, également présentée comme la chapelle Notre-Dame de Fontenelle.
L’édifice actuel fut construit en pierre calcaire entre 1876 et 1877, d’après les plans de l’architecte Baclène.
Il fut ensuite restauré en 1903 par l’architecte Renard.
Son architecture néogothique attire naturellement le regard.
Mais son importance dépasse son apparence.
Dans un petit village, une église était autrefois bien plus qu’un lieu de culte.
Elle accompagnait les grandes étapes de la vie.
Les baptêmes.
Les mariages.
Les enterrements.
Les fêtes religieuses.
Les rassemblements.
Les joies et les deuils.
Après les siècles de conflits, les départs et les retours, l’église semble aujourd’hui veiller sur un village qui sait peut-être mieux que d’autres combien une communauté peut être fragile.
Et combien il est précieux de continuer à se retrouver.
💧 Quatre ruisseaux pour raconter Fontenelle
À Fontenelle, l’eau reste discrète.
Il ne faut pas chercher un grand fleuve ni une cascade spectaculaire.
Ici, le paysage se compose de petits cours d’eau.
Des ruisseaux parfois cachés par les herbes, les haies ou les arbres.
Le Ry de Coupiat, le Ry Poucet, le ruisseau des Longs Prés et le ruisseau de Coumagne dessinent leurs chemins dans la campagne.
Ils traversent les terres agricoles.
Longent les prairies.
Disparaissent parfois derrière la végétation avant de réapparaître un peu plus loin.
Nous ne pouvons pas affirmer qu’ils alimentaient directement toutes les anciennes activités du village.
Mais l’eau faisait forcément partie du quotidien.
Pour les habitants.
Pour les animaux.
Pour les cultures.
Pour les artisans.
Elle reliait les différents paysages du territoire.
Aujourd’hui encore, suivre les chemins de Fontenelle revient presque à suivre la mémoire de ses ruisseaux.
Une mémoire fluide.
Invisible par endroits.
Mais jamais complètement interrompue.
⚙️ Un moulin dont la roue ne tourne plus
Le patrimoine rural de Fontenelle comptait autrefois un moulin à farine.
Son existence est attestée dès la fin du XIVᵉ siècle.
Pendant des générations, les habitants y apportèrent probablement les céréales récoltées dans les champs environnants.
Le grain devenait farine.
La farine devenait pain.
Et le moulin participait ainsi à l’un des gestes les plus essentiels de la vie quotidienne : nourrir le village.
Il aurait disparu au début du XXᵉ siècle.
Sa roue ne tourne plus.
Le bruit régulier de la meule s’est éteint.
Mais son existence rappelle que Fontenelle n’était pas simplement un ensemble de maisons isolées au milieu des campagnes.
Le village possédait ses propres activités.
Ses artisans.
Ses lieux de travail.
Et toute une petite économie aujourd’hui presque oubliée.
🍺 « Al Brassène » : le souvenir de la brasserie
Fontenelle abrita également une ancienne brasserie.
Plusieurs documents de la fin du XVIIIᵉ siècle témoignent de son existence.
La bière faisait alors partie du quotidien des campagnes.
Elle était produite localement, consommée dans les foyers et partagée lors des rencontres.
Les bâtiments de la brasserie ont disparu.
Mais un nom aurait conservé son souvenir :
« Al Brassène », autrement dit « À la Brasserie ».
Voilà l’un de ces détails que nous aimons particulièrement retrouver dans nos villages.
Un bâtiment peut disparaître.
Une activité peut s’arrêter.
Les outils peuvent se taire.
Mais un nom demeure dans le paysage.
Il passe d’une génération à l’autre.
On continue à désigner un endroit par ce qu’il fut autrefois, parfois longtemps après avoir oublié le visage de ceux qui y travaillaient.
À Fontenelle, quelques mots suffisent donc à faire réapparaître une brasserie disparue.
🧱 Quand Fontenelle façonnait la terre
Durant la seconde moitié du XIXᵉ siècle, une tuilerie fonctionnait également dans la rue du Coupiat.
On y fabriquait notamment :
des tuiles ;
des carreaux de pavement ;
différents objets en terre cuite.
La terre extraite dans les environs était façonnée, séchée puis cuite.
Elle devenait un toit.
Un sol.
Un élément de construction.
Peut-être certaines anciennes maisons de la région conservent-elles encore des matériaux produits autrefois à Fontenelle.
Peut-être marchons-nous sur des carreaux sortis de cette tuilerie sans connaître leur origine.
Là encore, l’activité a disparu.
Mais elle raconte un village capable de transformer les ressources de son territoire en objets indispensables à la vie quotidienne.
🔨 La forge et le mystérieux Trou des Ferons
Une forge aurait également animé Fontenelle.
On imagine le feu.
Le métal chauffé.
Les coups du marteau.
Les outils agricoles réparés avant de retourner dans les champs.
Un lieu-dit porte par ailleurs un nom intrigant :
le Trou des Ferons.
Du minerai de fer y aurait peut-être été extrait avant d’être fondu dans un fourneau et travaillé dans le secteur de Mouligniat.
Les informations disponibles restent prudentes.
Nous ne pouvons donc pas raconter cette activité comme une certitude absolue.
Mais le nom demeure.
Le Trou des Ferons.
Quelques mots qui réveillent immédiatement l’imagination.
Qui étaient ces ferons ?
Combien d’hommes travaillaient à cet endroit ?
Que reste-t-il aujourd’hui sous la végétation et les terres cultivées ?
Peut-être seulement un souvenir.
Peut-être quelques traces enfouies.
À Fontenelle, même les lieux-dits semblent posséder leurs secrets.
🌾 Une terre façonnée par le travail
Malgré ces anciennes activités, Fontenelle est toujours resté profondément agricole.
Pendant des générations, la vie s’est organisée autour des saisons.
Préparer la terre.
Semer.
Attendre.
Récolter.
Soigner les animaux.
Entretenir les chemins et les haies.
Recommencer l’année suivante.
Ce travail patient a façonné le paysage que l’on observe aujourd’hui.
Les champs ouverts.
Les prairies.
Les fermes.
Les routes étroites.
Les petits vallons creusés par les cours d’eau.
Fontenelle ne se visite donc pas comme une ville remplie de grands monuments.
Le village se découvre autrement.
En ralentissant.
En observant.
En cherchant dans le paysage ce que le temps a laissé derrière lui.
🎶 La Guinguette : lorsque Fontenelle se rassemble
L’histoire de Fontenelle ne s’est pas arrêtée avec le moulin, la brasserie, la forge ou la tuilerie.
Aujourd’hui, un lieu fait revivre l’esprit de rencontre du village :
la Guinguette de Fontenelle.
Durant la belle saison, un marché biologique et artisanal y est notamment organisé à certaines dates.
On y retrouve des producteurs.
Des artisans.
Des visiteurs.
Des habitants.
Des produits locaux et des moments partagés.
Après avoir raconté un village qui fut autrefois abandonné, cette image prend une signification particulière.
Des personnes reviennent à Fontenelle.
Non plus pour reconstruire des maisons après la guerre…
mais pour se rencontrer.
Échanger.
Goûter.
Découvrir.
Prendre le temps.
La Guinguette de Fontenelle devient ainsi l’un des visages actuels du village.
Un lieu vivant et convivial qui rappelle que Fontenelle ne se résume pas à son passé.
Il continue à créer des souvenirs.
Avant votre visite, pensez toutefois à vérifier les dates et les horaires des marchés et des différentes activités.
🚶 Fontenelle au rythme des chemins
Fontenelle se prête naturellement à la promenade à pied ou à vélo.
Il n’existe pas nécessairement une grande boucle officielle portant uniquement le nom du village, mais les liaisons intervillages et le réseau des points-nœuds permettent de préparer une promenade à Fontenelle, à pied ou à vélo.
L’Office du tourisme de Walcourt pourra vous aider à organiser votre parcours et votre découverte du tourisme à Walcourt.
Prenez le temps d’observer :
l’église Notre-Dame de l’Assomption ;
les anciennes fermes ;
les paysages agricoles ;
les quatre ruisseaux ;
la rue du Coupiat ;
les lieux-dits conservant la mémoire des anciennes activités ;
la campagne reliant Fontenelle aux villages voisins.
Respectez toujours les propriétés privées, les cultures, la tranquillité des habitants et les éventuelles périodes de chasse.
Ici, la promenade ne consiste pas à courir d’un monument à l’autre.
Elle invite plutôt à regarder autrement.
À écouter le silence.
À chercher le passage d’un ruisseau derrière une haie.
À imaginer l’ancien moulin.
À retrouver dans un nom la trace d’une brasserie.
Et peut-être à se demander ce que l’on aurait entendu à Fontenelle durant ces douze années où le village était désert.
❤️ Ce qui nous plaît particulièrement à Fontenelle
Fontenelle possède exactement ce que nous aimons raconter aux Notes Endormies, notre maison d’hôtes près des Lacs de l’Eau d’Heure.
Une histoire qui ne se révèle pas immédiatement.
Des traces anciennes cachées sous la terre.
Un homme du Moyen Âge dont il ne reste qu’un nom.
Des frontières oubliées.
Un village abandonné puis retrouvé.
Un moulin disparu.
Une brasserie dont le souvenir survit dans un lieu-dit.
Une tuilerie.
Une forge.
Quatre ruisseaux.
Une petite église de pierre.
Et aujourd’hui, une guinguette où l’on se rencontre à nouveau.
Fontenelle nous rappelle que les petits villages ne manquent pas d’histoire.
Il faut simplement prendre le temps de l’écouter.
Marcher plus lentement.
Observer les détails.
Interroger les noms.
Regarder derrière les façades et sous les chemins.
C’est exactement ce que nous souhaitons partager à travers notre voyage dans l’entité de Walcourt.
Pas uniquement les sites les plus connus.
Mais aussi ces villages que l’on traverse parfois sans s’arrêter.
Leurs habitants.
Leurs terres.
Leurs métiers disparus.
Leurs blessures.
Leur capacité à recommencer.
Et tous les secrets que leurs paysages n’ont pas encore entièrement révélés.
✨ Et si les ruisseaux avaient gardé la mémoire du village disparu…
Lorsque le soir descend sur Fontenelle, le plateau retrouve peu à peu son calme.
Les chemins se vident.
Les champs s’assombrissent.
L’église Notre-Dame de l’Assomption veille sur les maisons.
Quelque part dans la campagne, la sépulture du Vivret rappelle que des hommes connaissaient déjà ces terres il y a plus de deux mille ans.
Plus loin, le nom d’Al Brassène conserve le souvenir d’une brasserie disparue.
Le moulin ne tourne plus.
Le feu de la forge est éteint.
Les tuiliers ont rangé leurs outils depuis longtemps.
Mais les ruisseaux continuent leur voyage.
Le Ry de Coupiat.
Le Ry Poucet.
Le ruisseau des Longs Prés.
Le ruisseau de Coumagne.
Ils coulaient peut-être déjà lorsque Théodoric de Fontenelle parcourait ces terres.
Ils continuèrent sans doute lorsque les habitants quittèrent le village en 1643.
Pendant douze années, ils furent peut-être les seules voix de Fontenelle.
Puis les familles revinrent.
Les portes s’ouvrirent.
Les foyers furent rallumés.
Les champs retrouvèrent les gestes des hommes.
Et le village recommença à vivre.
Fontenelle aurait pu disparaître.
Il aurait pu devenir un simple nom sur une ancienne carte.
Mais il est toujours là.
Petit.
Discret.
Paisible.
Et profondément vivant.
Peut-être suffit-il aujourd’hui de suivre l’un de ses ruisseaux, lorsque le vent traverse les champs, pour entendre ce que Fontenelle semble murmurer depuis près de quatre siècles :
on peut quitter un village pendant douze ans… sans jamais vraiment l’abandonner.
🔎 Liens utiles pour préparer votre découverte
La Guinguette de Fontenelle
Aux Notes Endormies, notre souhait n’est pas simplement de vous accueillir dans notre maison d’hôtes à Berzée, près de Walcourt et des Lacs de l’Eau d’Heure.
Nous voulons également vous donner envie de parcourir notre région.
De comprendre son histoire.
De suivre ses chemins.
De rencontrer ceux qui la font vivre.
Et peut-être d’aimer ses petits villages autant que nous.
À très bientôt pour une nouvelle découverte autour des Notes Endormies. 🌿
Caroline Maison d’hôtes Les Notes Endormies – BerzéeAdults Only


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